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Fiche Document : 99 01 04 07 - MONSIEUR POIRIER

 

 
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Type RUSH
Collection Pathé (Pathé Productions)
Documentaire
Durée 00:00:00
Coul. son  
Droits Interview non exploitable commercialement sans autorisation de l'intéressé. Privé
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Référence

99 01 04 07

Titre

MONSIEUR POIRIER

Dates

Prise de vue : 06/11/1998

Résumé catalogue

Suite de l'interview de Monsieur Poirier.

Résumé descriptif

00 07 04 30 00 Yves CIVARD : Voilà. Alors Monsieur Poirier. Donc euh... cette concession qu'avait été, qu'avait pris la famille Mitterrand pour heu... est-ce que vous pouvez nous parler de...

Monsieur POIRIER : Je crois, je crois que le Président avait envisagé de... de s'faire enterrer ici. Et ça... on a entendu parler dans tout, dans tout, tout l'pays là, tout Château-Chinon a su qu'il resterait parmi nos. On l'avait bien espéré en tout cas, mais... ça n'a pas pu s'faire. La famille, sa famille de ( ?) côté, l'a réclamé pour l'enterrer à Jarnac. Et puis... c'est, c'est, ça s'est terminé comme ça. On n'avait pas l'droit de... on avait de dr... on avait pas d'autre possibilité d'insister pour qu'y vienne, pour qu'on l'enterre ici.

Yves CIVARD : Et alors pourquoi le " on devrait " ?

Monsieur POIRIER : Ah ben, parce qu'il avait une grande heu... histoire. Ça l'a toujours passionné l'histoire de Vercingétorix et d'Jules César. Là, le, le passionnait. C'est l 'histoire qu'il heu...

Yves CIVARD : Mais alors la raison de, de l'endroit par rapport à sa famille ?

Monsieur POIRIER : Ah ça je n'sais pas, je n'sais pas du tout.

Yves CIVARD : Parce qu'on disait qu'il avait, qu'il voulait, en fait c'était entre le Morvan et heu... et vous le montriez sur le... tout à l'heure.

Monsieur POIRIER : Hum, ah, oui, le, le, le, le... d'ici, du du haut du Morvan, du du Mont Beuvray, on... on voit Cluny. Et c'était le, c'est le pays de ses beaux-parents pour lesquels il avait une très grande amitié et admiration. Oui, oui, oui. Ça tout, tout le rapprochait pour être ici, enfin...

Yves CIVARD : Alors qu'est-ce que vous avez pensé de la polémique qui a eu avec ça...

Monsieur POIRIER : Oh ben ça c'est lamentable, lamentable. Un Président d'la République comme heu mi... Mitterrand, on n'en voit pas tous les jours. (rires). Un grand monsieur, très très grand monsieur. Oui.

Sandrine DUMARAIS : Et quand vous avez appris qu'il allait... que finalement il allait être enterré à Jarnac...

Monsieur POIRIER : Ben oui. On a été...

Sandrine DUMARAIS : Qu'est-ce que vous en avez pensé ?

Monsieur POIRIER : On a été très déçu, très déçu. On a été très déçu parce qu'on comptait bien le voir... qu'y reste ici, dans l'Morvan. Oui. Voilà.

Yves CIVARD : Et donc vous montriez... c'était... c'est dans quelle direction le...

Monsieur POIRIER : Là, là, c'est là... direction du... du Mont... du Mont... du Mont Saint-Vincent. C'est au lieu... juste derrière le Mont Saint-Vincent. Entre le Mont Saint-Vincent et Mâcon, Cluny.

Yves CIVARD : OK c'est bon. On va prendre un gros plan.
07 07 02 00 Monsieur POIRIER : Brouhaha Mont Saint-Vincent. Direction du Mont Saint-Vincent.

Monsieur POIRIER : Et Cluny par la même occasion.

07 07 15 00 Yves CIVARD : Donc l'endroit là, on lit Mont Saint-Vincent. Hein.

Monsieur POIRIER : Mont Saint-Vincent. Et Cluny est dans cet axe là.

Yves CIVARD : Ça c'est bien ça. Voilà. Ça suffit hein.

07 10 52 00 Monsieur POIRIER : J'vous montrerai une photo avec un cèpe de un kilo 800...

Yves CIVARD : Ah bon...

Monsieur POIRIER : J'vous l'ai p't'être dit non... oui. Ah oui.

Yves CIVARD : Donc t'as pas... t'as pas mis de HF.

Céline SEIGNEZ : Si si mais là si il reste là ou si on va bouger on va bouger ou pas ?

Yves CIVARD : Attendez on va démarrer.

Céline SEIGNEZ : OK.

Monsieur POIRIER : C'est là qu'on remplissait nos paniers. On en avait ramassé une centaine de kilos. Ah l'Président était heureux comme tout. Je vois... Il les ramassait et puis il coupait les queues il les... il enlevait toute la mousse, tous les petits machins, les... les cèpes étaient prêts à être consommés hein. Et puis le soir il m'a d'mandé de faire heu des cagettes. C'est parce qu'y avait 8 personnes dans l'équipage et il a distribué tous les cèpes à l'équipage ça c'est formidable. Ouais, ouais.

Yves CIVARD : Donc cette forêt s'appelle comment ?

Monsieur POIRIER : Ça c'est la forêt du, c'est le Haut Follin, le Haut Follin. Et c'est... c'est plus, plus exactement, c'est pré-par-mi, c'est la zone de l'étang qui est en face. Ouais.

Yves CIVARD : Donc heu, il aimait bien les champignons.

Monsieur POIRIER : Oh oui il adorait. Ah oui, il était gourmand de champignons, très très gourmand. Et puis l'hôtel du Vieux Morvan lui cuisinait à sa façon, comme il voulait et... c'était... un régal pour lui...

Sandrine DUMARAIS : Quand il arrivait dans un ch'min comme ça, qu'est-ce qu'il faisait, il s'enfonçait tout seul comme ça...

Monsieur POIRIER : Brouhaha Oh oui dans l'bois, il fonçait dans l'bois.

Monsieur POIRIER : Oh ben avec moi et puis il avait un garde du corps aussi. Il avait un garde du corps qui suivait... discret. (rire). Oui.

Sandrine DUMARAIS : Et c'était après 81 alors.

Monsieur POIRIER : Oui, oui... oui.

Sandrine DUMARAIS : Et avant vous êtes venu aussi avec lui aux cèpes parfois.

Monsieur POIRIER : Non. Pas avant. C'est seulement quand il était Président qu'il est v'nu aux cèpes. Oui, ça, ça le... ça l'détendait... oui.

Sandrine DUMARAIS : Et alors p't'être qu'on peut parler maintenant de... comment... comment Mitterrand est arrivé à Château-Chinon.

Monsieur POIRIER : Ah ah ça c'est... Ben il était... il était déjà conseiller général de Montsauche... et pis il m'a dit un jour, parce que j'avais fait sa connaissance là-bas, j'avait fais sa connaissance à Ourout... pour des... des élections. Et puis il me dit " c'qui m'interresserait c'est d'avoir une mairie dans l'Morvan ". Ben j'dis : " écoutez moi j'peux... je vous garantis qu'vous aurez celle de Château si ça vous intéresse. J'vous... j'vous la garantis ". Enfin il m'a r'gardé, là ça l'a... il s'est d'mandé si... si j'disais vrai ou faux hein. Et puis p'tit à p'tit il a quand même consenti, enfin il a... il a admis que c'était possible. Et puis effectivement aux élections y'avait quatre listes. Une liste communiste, une liste socialiste, une liste qui était enfin... en... qui était déjà en... c'était eux qui... qui avaient la mairie et puis alors nous et une liste de droite. Quatre listes de 17 personnes. Pour trouver tout ça à Château-Chinon ça faisait du monde (rire). Et ben on est passé à 12, au 2ème tour on est passé à 12 et puis 5 de la liste socialiste. Et puis au bout de six mois, tout l'monde s'entendait très bien. Ça s'est très très bien passé. Y'a plus jamais eu d'opposition avec heu... nos adversaires de l'époque quoi !

Sandrine DUMARAIS : Et comment s'est passé cette élection ?

Monsieur POIRIER : Comment s'est passé...

Sandrine DUMARAIS : Y'a eu une campagne euh...

Monsieur POIRIER : Ah oui oui.

Sandrine DUMARAIS : Et pour faire la liste...

Monsieur POIRIER : Ah c'est moi qui l'ai fait, c'est moi qui l'ai fait...

Sandrine DUMARAIS : Vous pouvez nous expliquer comment ?

Monsieur POIRIER : Ben j'peux vous dire que ç'était pas... ça n'allait pas tout seul hein, on en a eu deux qui étaient malades... alors ils s'dégonflaient, fallait en trouver un autre, c'était oh là là là là. Pis... y'en avait qui avaient été sollicités par les autres... Et alors du fait qu'ils avaient r'fusé aux uns ils voulaient pas v'nir.... Enfin moi j'sentais qu'on avait quand même le... le vent en poupe... c'était... qu'on s'rait... qu'on allait gagner les élections. Ouais.

Sandrine DUMARAIS : Comment ça se passait pratiquement les conseils municipaux avec Mitterrand ?

Monsieur POIRIER : Oh ben... écoutez... c'est c'est lui qui faisait le le... la réunion hein... bon personne ne disait rien hein. C'était... c'était tellement bien exprimé, bien expliqué que tout tout... toutes nos décisions étaient... ont été prises d'un, d'un accord commun, hein. C'était... c'était parfait, parfait, c'était la grande entente. Alors on n'était... on n'était pas exigeants à c'moment là vous savez on n'avait pas beaucoup d'moyens non plus , c'était un p'tit pays Château-Chinon. Et quand on a installé l'usine Dim, alors là y'a, ça a fait énormément de bien dans l'pays hein. On a eu... fallait r'cruter... cinq cents personnes hein. Alors on a, on a débordé, on a... on avait des cars de ramassage qui v'naient d'Montsauche, qui v'naient de... Chatillon, Moulon-Gilbert, Lusy même, Lusy... puis Autun.

Yves CIVARD : Alors l'usine Dim, racontez-nous comment c'est arrivé dans la région. Donc vous-même déjà ça s'rait p't'être intéressant qu'vous vous présentiez...

Monsieur POIRIER : Oui. Ben moi j'ai été chef du personnel chez Dim... j'ai, j'avais monsieur Disert qui était maire d'Arloeuf à c'moment là, qui est un ami intime du Président, avait aussi un... était très très ami avec le... le secrét..., l'adjoint de... à la municipalité d'Autun, monsieur Saclier. Et lui même était, connaissait très bien les... la direction de chez Dim. Alors ils ont... on a demandé si ça les intéressait... on leur faisait une location-vente pour l'usine. C'qui fait que... ils ont accepté, ils sont v'nus ils ont pris de... C'est la ville qui a construit, et puis eux ils se sont installés et pis, et pis c'est comme ça que ça a grandi. On a commencé à 70 personnes, 70-80 personnes et pis après on est monté à 500. Pas tout à fait, 496 exactement. Puis après ça a été le... le, le... comment dirai-je, la finition. Il y avait les femmes, tout ça c'est en Roumanie. Ce sont les roumaines qui ont r'pris l'travail de chez... de nos travaux quoi.

Sandrine DUMARAIS : Quel type d'homme c'était monsieur Disert ?

Monsieur POIRIER : Pardon ?

Sandrine DUMARAIS : Quel type d'homme c'était Monsieur Disert ?

Monsieur POIRIER : Oh un homme merveilleux, merveilleux, un p'tit industriel, il avait une trentaine d'ouvriers. Y faisait du saucisson, du jambon, enfin des... des... des produits de charcuterie euh mais de très grande qualité et il avait une grosse clientèle à Paris et... les wagons-lits, Air France, Fauchon. Tout ça c'était, c'est... il faisait une... une excellente qualité. Et puis il était maire d'Arloeuf, et puis ami... ami avec lui, il était tout le temps à Château-Chinon. Il a... il a fini comme sénateur de la Nièvre.

Sandrine DUMARAIS : Vous m'avez raconté qu'il était très ? ? ? ? ? ?

Monsieur POIRIER : Oh oui oui.

Sandrine DUMARAIS : Est-ce que vous pouvez m'en parler d'ça justement ?

Monsieur POIRIER : Oui ben il avait, il avait... il gagnait énormément d'argent, enfin énormément... beaucoup d'argent qu'il mettait à la disposition de tout le monde. Oui. Et... et puis alors on vivait bien avec lui, on a fait tous les congrès, tous les...

Sandrine DUMARAIS : Et est-ce qu'il a aidé François Mitterrand. De quelle manière est-ce qu'il a aidé François Mitterrand ?

Monsieur POIRIER : Oh ben alors... en allant dans les maisons en... en... avec tous... tous les gens du... du pays. Il a fait des campagnes de bouche à oreille, voyez-vous. C'est... Et puis il était très écouté, très très écouté.

Sandrine DUMARAIS : Est-ce qu'il l'a aidé financièrement...

Monsieur POIRIER : Oh non. Non. Un p'tit peu, un p'tit peu dans l'sens que... comment dirais-je il... il payait peut-être quelques fois les apéritifs à Pierre, Paul, Jean, Jacques, voyez-vous... Quand Mitterrand v'nait c'était... on lui offrait ses r'pas, on lui offrait... il était r'çu quoi. Mais pas, pas, pas pour dire, financer les campagnes. Non. Non, non jamais, jamais.

Yves CIVARD : Et donc après 81 ça a changé beaucoup de choses pour, pour vous, pour l'Morvan, quand il était, quand il a été élu Président de la République ?

Monsieur POIRIER : Oh ben on était, on était tellement fiers nous hein. Et puis il nous a pas laissé hein. Il nous a pas laissé. Il v'nait souvent, il v'nait souvent. Y v'nait en hélicoptère avec toute la famille. Avec ses... son beau frère Navarro (rire).

Yves CIVARD : Vous l'avez bien connu ?

Monsieur POIRIER : Ah oui, ah oui oui. Ah oui.

Sandrine DUMARAIS : Brouhaha Et les campagnes, racontez-moi.

Monsieur POIRIER : Ah oui, oui. Moi j'dev'nais fou, j'dev'nais fou. Non parce que j'supporte mal les imbécillités. Voilà ça c'est, c'est plus fort que moi, j'supporte pas. Alors je... j'leur rentrais dans l'lard, j'les... j'répondais violemment, méchamment... Et c'est... oui moi vous savez quand j'vois... j'ai connu des gens qui étaient contre Mitterrand mais méchants qui venaient déchirer nos affiches la veille des élections... je j'suis monté sur la voiture, j'ai écrasé la bagnole... et puis maintenant voir... où ils en sont parce que c'est des gens qu'ont fait une fortune considérable maintenant, ben ils ont eu de la veine d'avoir Mitterrand, j'vous l'dis, ils ont eu d'la veine d'avoir Mitterrand. C'est vrai hein... Ah oui.

Sandrine DUMARAIS : Vous f'siez toutes les campagnes ...

Monsieur POIRIER : Oui ah oui.

Sandrine DUMARAIS : Racontez-moi comment ça s'passait les campagnes...

Monsieur POIRIER : Ah ben on était toute une équipe là. Y'avait... toujours les mêmes... En principe on travaillait tous chez Dim. C'est tous... parce que y'avait la r'connaissance du ventre comme on dit hein... Alors heu... quand y'avait, quand fallait faire des efforts la nuit, aller coller des affiches dans un coin, dans tout l'arrondissement ben on avait toute notre équipe. Deux-trois voitures et puis ça r'partait et puis on... ouais... pis tout l'monde y était hein... des fois c'était dur hein. Des fois on r'cevait des pots d'colle sur la figure. Puis des fois c'était nous qui les envoyions, chacun son tour (rire). Voilà.... Ouais.

Yves CIVARD : Alors donc euh... cette période après 81 vous êtes vous-même allé à l'Elysée.

Monsieur POIRIER : Ah oui oui.

Yves CIVARD : Vous avez...

Monsieur POIRIER : On a été r'çu à l'Elysée le jour de l'investiture. On était même... j'ai eu la chance d'être euh... invité au r'pas de famille. Un excellent repas. Et pis j'y suis r'tourné après pour les... toutes les chasses Présidentielles. Le Président savait qu'j'étais chasseur alors il me... il m'a gâté avec ça. J'ai fait toutes les ouvertures de chasse euh... à Rambouillet ou à Marly suivant... on allait à la Salternay. Oui...

Yves CIVARD : Avec euh de...

Monsieur POIRIER : Monsieur de Grosouvre. De Grosouvre était Président des... des des chasses Présidentielles ouais. Et puis tous les gens d'Chât... tous les chasseurs de Château-Chinon y sont allés... presque tous parce que euh... y... qui chassaient pas à c'moment là m'enfin les... tous les... tous les gens qui travaillaient à la ville... qui ramassaient même les ordures et ben tout... tout le monde est allé à... aux chasses Présidentielles. Y'avait une chasse spéciale pour nous. Et pis on on tirait des coups d'fusil hein... on tuait cent... mille deux, mille deux cents mille trois cents pièces à chaque battue. A l'épaule le lendemain y nous f'sait mal hein. Ma plus belle chasse moi c'était 158 pièces. Trois cents cartouches en quatre heures. Ah ça pète hein ça (rire). Oui.

Sandrine DUMARAIS : On va p't'être vous filmer en train de...

Yves CIVARD : Ouais on va faire quelques plans d'coupe.

Générique

REA : DUMARAIS Sandrine ; CIVARD Yves

Mots clés

INTERVIEW; sonore

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