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Fiche Document : 99 01 04 11 - MONSIEUR ET MADAME EMMERY

 

 
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Type RUSH
Collection Pathé (Pathé Productions)
Documentaire
Durée 00:00:00
Coul. son  
Droits Interview non exploitable commercialement sans autorisation des intéressés. Privé
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Référence

99 01 04 11

Titre

MONSIEUR ET MADAME EMMERY

Dates

Prise de vue : 06/11/1998

Résumé catalogue

Suite interview de Monsieur et Madame Emmery.

Résumé descriptif

Sandrine DUMARAIS : Vous nous avez dit qu'il savait très bien qu'il était pas bel homme. Mitterrand.

Madeleine EMERY : Oui j'crois qu'il r'grettait de pas avoir les jambes plus longues, il l'a dit plusieurs fois. (rire).

André EMERY : Oui oh... (incompréhensible)... il était pas nabot...

Madeleine EMERY : Ça c'était un charme. Oui oui c'était un charme.

André EMERY : Un charme enfin... il avait pas besoin d'ça... il avait aut'chose.

Madeleine EMERY : Non mais il avait du charme !

André EMERY : Oui...

Madeleine EMERY : (brouhaha) En plus du reste. Ouh... il vient d'm'arriver un pépin, il me semble.

Yves CIVARD : On va arrêter.

André EMERY : Il savait parler, il savait parler à tout l'monde euh... et notamment aux femmes, j'peux pas dire si il savait parler aux femmes... j'ai pas... j'étais pas femme... (rire). C'est difficile de juger. Ah si j'le constatais n'est-ce pas... non c'est vrai. Il avait beaucoup de... il avait beaucoup d'qualités...ça m'étonne pas qu'il soit devenu Président de la République et... depuis... y'a beaucoup à faire pour en avoir un pareil. Il était d'une intelligence ce... ce garçon là c'est pas croyable. On... on discutait tous les deux tout ça " j'ai compris, j'ai compris " qu'y m'faisait. J'y dis " qu'est-ce que vos avez compris " ben de... deux trois mots pan il avait compris tout c'qu'on pouvait... il était d'une intelligence !

Madeleine EMERY : Il avait la chance aussi d'être servi par une mémoire exceptionnelle.

André EMERY : Ah oui. Aussi. Ça il avait une mémoire.

Madeleine EMERY : C'qui est bien aussi.

André EMERY : Une mémoire du diable. Ça... alors il avait beaucoup lu, il était instruit, il savait s'exprimer... beaucoup d'qualité quoi ça...

Madeleine EMERY : Il était non seulement instruit, il était vraiment très cultivé.

André EMERY : Oui. Ma femme a précisé cultivé.

Madeleine EMERY : Oui c'est vrai. C'est vrai parce qu'il avait d'l'intérêt même pour les choses qui...

André EMERY : Oui oui d'accord.

Madeleine EMERY : Paraissent à vous...

André EMERY : Oui.

Madeleine EMERY : Oui il savait s'intéresser à tout même aux choses qui n'avaient pas une importance extraordinaire...

André EMERY : (en même temps) C'est ça... Oui mais enfin ça ça fait partie d'la vie... de...

Sandrine DUMARAIS : Alors la victoire, le 10 mai 81... Vous l'avez vécu où, vous étiez où...

Madeleine EMERY : A Nevers. Non à Garigny quand on l'a appris.

André EMERY : (brouhaha) Oh là là on était à Garigny oui mais on était à Nevers... C'est là qu'on a oui... On va pas dire ça là... Jamais tant vu de de viande (incompréhensible)... punaise. J'ai fait quatre fois le voyage de Garigny à Nevers pour venir chercher du champagne. La quatrième fois c'était pas la peine que j'y r'vienne une cinquième fois y'avait plus rien à la maison... j'étais chez l'marchand... liquidé... ben mon vieux y'avait... y'avait d'la joie hein... y'avait d'la gaîté oh... tu penses.. Les gens riaient, pleuraient... tout... c'était inimaginable. (rire). On s'en rappellera hein bichette.

Madeleine EMERY : Ben oui ça marque quand même dans une vie.

André EMERY : Oh là là... Ça ça a marqué oui...

Madeleine EMERY : C'est vrai qu'on était à Garigny plus que... on était d'dépouillement dans la commune. Et la concierge avait amené son poste de télé devant la porte pour qu'on puisse suivre... les évènements c'qui s'passait ailleurs. Et quand on a vu... la figure de Mitterrand se dessiner pftt...

André EMERY : Oui.

Madeleine EMERY : C'était la r'vanche de 58.

André EMERY : Oui. Oui mais enfin... euh l'département d'la Nièvre avait euh... un Président. Y'a longtemps qu'c'était pas arrivé cette affaire là hein...

Madeleine EMERY : Ah ben faut r'connaître qu'on a eu la chance d'avoir et un Président et un premier ministre dans la Nièvre c'est quand même pas courant courant...

André EMERY : Oui absolument... un premier ministre...

Madeleine EMERY : Malheureusement on a perdu les deux...

André EMERY : Ah oui... après Bérégovoy tu veux dire...

Madeleine EMERY : Et oui

André EMERY : Oui... oui parce que Mitterrand a jamais été premier ministre. (rires)

Madeleine EMERY : Ah ben on peut pas tout faire dans la vie...

André EMERY : Non et c'était d'ailleurs aussi bien comme ça...

Sandrine DUMARAIS : L'autre jour euh... c'était quoi sa relation finalement avec le Morvan et la Nièvre... C'est quel type de relation ?

André EMERY : De relation...

Sandrine DUMARAIS : Ouais.

André EMERY : Qu'est-ce que... j'comprends pas ta...

Sandrine DUMARAIS : Comment vous expliquez son attachement au Morvan et à la Nièvre.

André EMERY : Pffrrr

Madeleine EMERY : Je crois que son attachement était bien plus fort pour le Morvan que pour la Nièvre. Il aimait beaucoup mieux l'Morvan que la vallée de la Loire.

André EMERY : Tout... t... tout simplement parce que le le Morvan n'était pas riche et c'est... et puis les gens...

Madeleine EMERY : Oui les gens sont...

André EMERY : Beaucoup plus...directs, beaucoup plus...

Madeleine EMERY : ... sûrs dans l'Morvan.

André EMERY : Beaucoup plus sûrs et puis c'est pas...

Madeleine EMERY : ... et plus longtemps... à donner leur confiance, mais une fois qu'ils l'ont donné heu...

André EMERY : C'est pas, c'est pas d'la rigolade c'est c'est vrai c'est c'est... c'est du concret.

Madeleine EMERY : Et puis j'crois qu'y avait aussi une autre, une autre relation pour lui y'avait des.. Vezelay y'avait Villebrach tout ça c'est l'Morvan !

André EMERY : Oui oh ben ça pffft... évidemment... Il était très attaché heu à Villebrach d'ailleurs c'est Villebrach... c'est d'lui qu' a tout fait pour débuter heu...

Madeleine EMERY : Puis à Vezelay c'est pareil, il avait une relation spéciale avec Vezelay...

André EMERY : Ouais...

Madeleine EMERY : ... quand il s'arrêtait à Vezelay c'était... c'était une espèce de communion.

André EMERY : Oui mais il aimait... il aimait ça c'était euh... c'était chez lui ça. Il aimait c'qui était beau... oui. Pourquoi vous m'regardez comme ça c'est pas très... c'est pas... Il v'nait pas m'voir parce que j'étais beau. C'est pas ça qu'j'ai voulu dire (rires)

Madeleine EMERY : Non mais j'pense que là y'avait quelque chose de spirituel si vous voulez...

André EMERY : C'est ça oui...

Madeleine EMERY : Qu'il trouvait pas dans la vallée de la Loire.

André EMERY : Non. Absolument pas. Non puis pffff... on n'avait pas d'prétention dans l'Morvan, les... les gens étaient très modestes euh... et puis ils cherchaient pas à en imposer comme dans l'bas de... du département... du cô... de la vallée da la Loire. (brouhaha) Les gens sont pas vrais ils sont un p'tit peu plus prétentieux hé hé... Et c'est c'qui fait qu'il s'était plus attaché à... à nous que que là-bas. M'enfin... on suppose hein, il ne nous l'a jamais dit, on lui a jamais posé la question d'ailleurs.

Madeleine EMERY : On savait bien quand même qu'il était mieux dans l'Morvan que dans la vallée de la Nièvre.

André EMERY : Les gens sont plus directs sont plus... ont pas d'problèmes.

Sandrine DUMARAIS : Et sa relation aux gens... L'autre jour vous m'avez dit qu'en fait c'était une relation sentimentale qu'il avait avec euh... avec le Morvan, et les Morvandiaux....

André EMERY : Oui.

Madeleine EMERY : Oui

Sandrine DUMARAIS : Vous pouvez m'expliquer ça...

Madeleine EMERY : Oui j'pense qu'y avait quand même... il est rentré certainement beaucoup de sentiments. Est-ce qu'il se sentait plus...

André EMERY : ... à l'aise.

Madeleine EMERY : Plus à l'aise c'est pas le mot parce qu'il se sentait quand même à l'aise...

André EMERY : ... oui d'accord mais...

Madeleine EMERY : ... mais... il se sentait plus en communion dans l'Morvan que...

André EMERY : C'est ça.

Madeleine EMERY : Mais j'pense aussi que l'homme qu'on a connu nous ici, était probablement différent que celui qu'ont connu les parisiens par exemple. Les gens qu'il côtoyait à Paris... Certainement.

Yves CIVARD : Vous voulez dire qu'il avait changé après quand il est dev'nu Président de la République ?

Madeleine EMERY : Non.

André EMERY : Non pas du tout... du tout du tout...

Madeleine EMERY : Mais je pense que... la relation était différente.

André EMERY : Moi... moi j'me suis pas aperçu qu'il avait changé, c'est pas parce qu'il était Président de la République.... (brouhaha) L'orgueil j'sais pas si il en avait, j'en sais rien mais... il n'a jamais manifesté ça... Hein bichette...

Madeleine EMERY : Non. Non non.

André EMERY : Jamais.

Madeleine EMERY : Oh non ... (brouhaha) Il en imposait par son...

André EMERY : Son savoir...

Madeleine EMERY : Oui.

André EMERY : Sa... sa façon de...

Madeleine EMERY : Puis par sa prestance.

André EMERY : Prestance aussi oui.

Madeleine EMERY : Mais il a jamais cherché à en imposer, à dire " oh les autres c'est des imbéciles, moi je sais et moi je suis la science infuse, moi j'ai été élu Président de la République "... non il nous a jamais...

André EMERY : Non non ça pftt... il aimait pas ça d'ailleurs qu'on dise des trucs comme ça.

Madeleine EMERY : Enfin...

André EMERY : Les gens qui en imposaient ils les aimait pas, il les... C'était pas directement ses copains hein. Pfftt. Il aimait mieux les gars comme moi qui... très francs qui lui disaient...

Madeleine EMERY : Ben c'est vrai qu'c'est une relation plus vraie. On sait au moins à quoi s'en tenir.

André EMERY : Absolument.

Madeleine EMERY : C'est pas toujours toujours agréable à entendre mais on sait qu'c'est vrai.

André EMERY : On était, on était dans une réunion de... de comment dirais-je... de canton, cantonale si vous voulez... Et ben le... les gens des... ils aiment pas, ils savent pas, ils ont peur de de... dire, de parler... Alors ils étaient tout l'temps en train de dire " Dis-y donc toi, dis-y donc toi ". ils m'foutaient des coups d'coude comme ça " Allez dis-y donc " (rire).

Sandrine DUMARAIS : Est-ce que vous avez reçu aussi des témoignages d'affection de sa part euh... je sais pas... Est-ce qu'il vous a envoyé des p'tits mots... Est-ce qu'il est resté en contact après 81 de cette manière là avec vous ?

Madeleine EMERY : Ah ben...

Sandrine DUMARAIS : Et comment ?

Madeleine EMERY : Ben oui par des p'tits mots éventuellement...

André EMERY : Par des p'tits mots, des des...

Madeleine EMERY : Heu...

André EMERY : Quand il allait...

Madeleine EMERY : Quand y'avait, enfin quand y'avait un événement familial par exemple oui, il a jamais manqué d'envoyer les félicitations pour les choses heureuses euh...

André EMERY : Absolument.

Madeleine EMERY : Des condoléances pour un décès, n'importe, il a toujours envoyé un p'tit mot gentil.

André EMERY : Oui. Sous, sous c'rapport là c'est vrai.

Madeleine EMERY : Et même quand y'avait une lettre officielle pour une raison quelconque, il a toujours rajouté un p'tit mot gentil de sa main et il a toujours signé et...

André EMERY : Non non. Il... il est toujours resté près d'nous hein. En toutes circonstances. Ça faut dire les choses comme elles sont.

Madeleine EMERY : Malheureusement...

André EMERY : Même...

Madeleine EMERY : ... on n'est pas suffisamment conservateur pour avoir conservé toutes les cartes postales qu'on a reçu.

André EMERY : Ah ça évidemment ça... Chaque fois qu'il allait surtout à l'étranger, les cartes postales on y avait droit quoi !

Madeleine EMERY : Mais pour la naissance de nos enfants... pour la naissance de notre fille...

André EMERY : Ah ça...

Madeleine EMERY : Il nous avait envoyé une lettre vraiment très très gentille.

André EMERY : C'est ce qui... qui prouve d'ailleurs qu'il avait certainement un secrétariat bien organisé parce que il lui... il pouvait pas s'permettre de penser à tout ça. Mais le... c'était lui qui commandait quand même. Voilà.

Sandrine DUMARAIS : Yves...

Yves CIVARD : Oui. On parlait beaucoup d'son amour de la nature.

André EMERY : Euh...

Madeleine EMERY : Oui.

André EMERY : Oui euh... Si. Si.

Madeleine EMERY : Si. (rire)

André EMERY : De la nature euh... il trouvait l'Morvan beau. Parce que le Morvan euh... le Morvan vert avec tous les... les différentes sortes d'arbres qu'il peut y avoir... (il tousse)

Madeleine EMERY : Oh il connaissait bien la nature.

André EMERY : Oh là, il connaissait bien... J'me rappelle une fois à Latché et ben mon vieux, il m'a dit " Allez v'nez que j'vous fasse voir c'que, c'que j'ai planté là " et tout ça. Il m'a fait faire tout l'tour de sa propriété. Il avait... il avait planté j'sais pas si c'est pas lui tout seul qui les avait planté mais des des arbres, des sapins... et puis il il aimait, il était content de montrer ça à... à tout l'monde. A tout l'monde enfin ceux qui allaient là-bas quoi.

Sandrine DUMARAIS : Et le parc du Morvan, vous avez participé à sa... à sa création...

André EMERY : Oui.

Sandrine DUMARAIS : Justement là c'était la nature qui était en jeu, comment ça s'est passé la création du parc naturel du Morvan ?

André EMERY : Pfftt... Ça c'est, ça c'est tout à fait différent Ça. Ça n'a rien de commun, ça c'est passé... Ça c'était la... plutôt d'la politique qu'autre chose à c'moment là. Un jour on m'a dit il faut qu't'ailles à... comment qu'ça s'appelle la gare ? Allons Bichette ! Avallon. Faut qu'ailles à Avallon à la gare tu... pour recevoir Monsieur " Untel " qui vient, c'est lui qui est désigné comme euh... comme...

Madeleine EMERY : Ah oui, mais l'parc était déjà constitué à c'moment là chéri.

André EMERY : Non ! Non non non non non. Non, non non non. Ah ben l'parc était constitué entre nous. Oui ça... c'est différent ça. Et... j'y suis allé puis j'ai vu un... un individu qui était assez âgé, qui était boiteux d'ailleurs le pauv' vieux, c'était pas d'sa faute, c'était comme ça... et puis il me dit : je suis Monsieur " Untel ", j'veux pas dire son nom là.

Madeleine EMERY : De toute façon moi y'a longtemps que j'l'ai oublié son nom.

André EMERY : Oui. Par dessus l'marché... (rire) " Je suis votre nouveau directeur du parc ". " Ah "... alors bien content d'le savoir. Enfin, nous on est v'nu là euh pfftt... Et puis ce, ce garçon là n'avait rien d'un directeur de parc du tout, c'est un type qu'ils avaient mis là pour le caser parce que... c'est la politique ça. Y'avait un gars à caser, fallait l'caser on l'a foutu là pour... pour se débarrasser de lui... j'en ai bavé avec lui moi hein.

Sandrine DUMARAIS : Puisqu'il est resté longtemps .

André EMERY : Ben oui. Ben bien sûr qu'il est resté longtemps, il est resté même après moi.

Madeleine EMERY : Ah non chéri.

André EMERY : T'es sûre ?

Sandrine DUMARAIS : Vous vous étiez Président du parc du Morvan ?

André EMERY : Ah c'était pas l'Président !

Sandrine DUMARAIS : Non mais vous, vous étiez le premier Président.

André EMERY : Ah non non non.

Madeleine EMERY : Non l'deuxième. C'est Marcel Reclord...

André EMERY : C'était Reclord.

Madeleine EMERY : ... le premier Président.

André EMERY : C'était Reclord qu'était le Président.

Madeleine EMERY : (ils parlent l'un sur l'autre) Marcel Reclord a été oh un an à peu près Président.

(transcription à terminer)

Générique

REA : DUMARAIS Sandrine ; CIVARD Yves

Mots clés

INTERVIEW; sonore

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