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Fiche Document : 99 01 04 05 - MICHELINE RATEAU ET JACQUES RATEAU

 

 
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Type RUSH
Collection Pathé (Pathé Productions)
Documentaire
Durée 00:00:00
Coul. son  
Droits Interview non exploitable commercialement sans autorisation de l'intéressée. Privé
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Référence

99 01 04 05

Titre

MICHELINE RATEAU ET JACQUES RATEAU

Dates

Prise de vue : 05/11/1998

Résumé catalogue

Début de l'interview de Micheline et de Jacques Rateau.

Résumé descriptif

Yves CIVARD : Alors, on a commencé à parler... à parler des araignées

Micheline RATEAU : Alors, ben ça (rire), c'est mon... ma phobie...

Yves CIVARD : Ah bon !

Micheline RATEAU : Ouais.

Yves CIVARD : Mais c'est depuis toute petite que vous avez peur des araignées ?

Micheline RATEAU : Ah oui, oui, oui. Oh là ! Quand j'étais plus jeune, une araignée, j'montais sur la table.

Yves CIVARD : A ce point là ?

Micheline RATEAU : Ah oui, oui... ça c'est... c'est terrible !

Yves CIVARD : Mais c'est exceptionnel quand même de... d'avoir la frousse comme ça des araignées.

Micheline RATEAU : J'en sais rien, j'ai pas peur d'un rat, j'ai pas peur d'une souris, j'ai peur des araignées.

Jacques RATEAU : Tout c'qu'y a des grandes pattes !

Micheline RATEAU : Non. Et... surtout si elles bougent. Ça c'est... surtout l'mouvement des pattes... ça c'est...

Jacques RATEAU : Les crabes, les " tout ça ", même pas hein.

Micheline RATEAU : Ah non, non... A l'île de Ré, Madame Mitterrand qui tenait une araignée d'mer dans la... dans sa main et qui heu... oh là, là pffft...

Yves CIVARD : Et alors Mitterrand le premier jour que vous l'avez vu, il vous a fait peur comme une araignée ? Non pas vraiment.

Micheline RATEAU : Oh non, j'étais gamine, j'étais pas très... comment, j'étais assez timide mais enfin bon. C'est pas moi qu'y v'nait voir hein. (rire) Ah ça, à l'époque j'avais... J'sais pas en 47, j'avais 15 ans.

Jacques RATEAU : Tu peux p't'être leur dire qu't'étais ???

Micheline RATEAU : Ah oui.

Yves CIVARD : Et alors donc y v'nait pour quelle ocÇasion ?

Micheline RATEAU : Ah ben, il est v'nu pour la première, donc heu... au moment des élections Çantonales. Mon père heu... ayant été dans la résistance, étant très connu même dans l'département. Il était maire déjà. Beaucoup d'personnes lui d'mandaient de s'présenter aux... aux élections Çantonales. Bon il était hésitant, il savait pas très bien si... c'qu'il allait faire. et puis un jour, alors qu'il était sous une voiture, en train de... (rire) visser un boulon ou je n'sais quoi. qui n'voulait pas... ça n'allait pas tout seul. Y m'avait dit : " ben j'veux pas être dérangé, tu viens... tu viens et puis on va... tu donneras l'essence si besoin est ". Arrive un monsieur qui s'présente comme heu... voulant voir monsieur l'maire Alors, " papa on t'demande, papa on t'demande ", et l'papa il était toujours sous sa voiture. Et enfin au bout d'un moment il est sorti en s'essuyant les... les mains. Et puis qu'est-ce que vous voulez ? Et ben, y dit : " j'me présente j'suis monsieur Colin, secrétaire de Monsieur Mitterrand ". Et... non c'est pas... il a pas dit exactement comme ça. Il a dit : " Mon patron m'envoie... voir si vous êtes Çandidat au... au Conseil Général ". Il a dit : " Qu'est-c'que ça peut lui faire à votre patron ! ? D'abord qui c'est votre patron ? " " C'est François Mitterrand. " " Et ben vous lui direz : " si il veut l'savoir, il a qu'à venir le voir, me voir ". Et voilà. Comment quelques... temps plus tard. J'sais si c'est 15 jours, un mois... enfin. Il est v'nu. Ils ont eu une grande discussion que... dont je n'me souviens pas, parce que moi, la politique, à cette époque... (rire). Et mon... la conclusion a été, ben soyez Çandidat, je n'le s'rais pas.

Yves CIVARD : Alors... alors, votre père, il n'était pas commode.

Micheline RATEAU : Pas très commode. Assez bougon euh... C'est un peu l'Çaractère morvandiau hein, heu... on s'lie pas tout de suite hein. Bon ben après comme il était maire de toute façon il avait souvent à... l'ocÇasion d'se rencontrer et puis bon l'amitié est née comme ça.

Yves CIVARD : Et au... au départ votre père il était plutôt d'gauche, plutôt d'droite...

Micheline RATEAU : Ah ben mon père a toujours été d'gauche, même mes grands-parents euh... la famille est une famille de gauche.

Yves CIVARD : Alors que Mitterrand lui...

Micheline RATEAU : Oui. Oui mais enfin bon... Vous voyez bien il a évolué après hein...

Yves CIVARD : Vous pensez...

Micheline RATEAU : Mais mon père n'était pas sectaire hein, heu... J'pense qui pense comme je pensais, c'est un peu difficile à... que tous les intelligents sont pas à gauche et tous les imbéciles à droite hein. Donc heu... Il a su l'apprécier parce que bon il était beau parleur d'abord et puis bon très intelligent et... voilà.

Yves CIVARD : Et il a tout de suite été bien admis dans le... l'Morvan alors qu'y v'nait de...

Micheline RATEAU : Ah ben tout d'suite euh pffft... J'crois qu'mon père l'a quand même pas mal patronné hein. Chez Monsieur Mennetrey par exemple, euh chez enfin ben...

Yves CIVARD : Il l'introduisait auprès des...

Micheline RATEAU : Voilà, ouais.

Yves CIVARD : Et heu donc heu vous vous étiez p'tite fille à cette époque...

Micheline RATEAU : Oh oui j'avais 15 ans quoi ! Et donc euh bon j'ai eu souvent l'ocÇasion de l'rencontrer parce qu'il v'nait quand même assez souvent et... Plus tard euh, plus tard donc j'suis allée à l'île de Ré. Il m'a emmené 8 jours en vaÇances avec madame Mitterrand et les enfants. donc c'est là où j'les ai quand même mieux connus parce que... y'avait même sa soeur, y'avait même bon... sa nièce, son n'veu tout ça... enfin bon... Et donc là j'les ai mieux connus.

Yves CIVARD : Et alors ces souvenirs de vaÇances ?

Micheline RATEAU : Ah ben ces souvenirs de vaÇances euh... c'était des vaÇances pluvieuses d'abord. Assez pluvieuses. Madame Mitterrand en parle d'ailleurs dans son livre, elle dit que... ils sont allés à Hossegore parce que elle avait passé de mauvaises vaÇances à l'île de ré. pour moi c'était formidable, c'était la première fois que j'voyais la mer euh... j'avais à l'époque 18 ans... et voilà.

Yves CIVARD : Alors quelques p'tites anecdotes...

Micheline RATEAU : Ben quelque p'tites antidotes euh... A la plage à côté d'nous y'avait une grand-mère euh avec ses deux p'tits enfants. Et puis Christophe avait attaqué un... les p'tits enfants, il avait mordu un... alors elle était folle... " Quand on a des enfants enragés on les attache ! " Enfin ainsi de suite. et puis tout l'temps dès qu'on arrivait à la plage elle nous disait des sottises. Alors un jour madame Mitterrand elle dit : " Ecoutez j'vais rentrer dans la Çabine, vous allez rester sur la plage et vous allez m'appeler vous allez dire : " Madame Mitterrand quand est-ce qu'y vient l'ministre ? " Soit ça va la mettre en colère ou soit ça va l'adoucir ". Fût dit, fût fait. Alors euh... après... la... la brave dame elle a dit " Ah mais vous savez mesdames si vous voulez vous baigner ensemble euh j'veux bien garder les enfants euh... " Elle dit : " D'ailleurs euh Mitterrand ministre, ministre de la France d'outre-mer euh, l'île de Ré c'est un peu l'outremer quoi enfin... (rire), voilà.

Yves CIVARD : C'était une dame de l'île de Ré...

Micheline RATEAU : Ben je suppose hein, je sais pas, je sais pas hein. C'est une dame qui avait la Çabine à côté de la nôtre et...

Yves CIVARD : Et alors vous parliez aussi de... quand vous alliez chercher le lait...

Micheline RATEAU : Ha ! Oui parce que quand Monsieur Mitterrand v'nait c'était toujours euh, j'sais pas vers les 4-5 heures d'l'après-midi mais il restait quand même assez longtemps et vers les 6 heures moi j'prenais ma boite à lait et j'allais prendre le lait. Puis un jour co... pas comme un autre, il m'dit : " Ah c'est quand même bizarre... toujours à la même heure... y'aurait pas un p'tit rendez-vous par là ? " (rire). Alors moi je... je rougissais jusqu'au... au bout des oreilles (rire) puis il m'a dit : " Mais si y'a quelque chose et si vous vous mariez je s'rais votre témoin ". C'est comme ça que quelques années après puisque j'me suis mariée en 57... donc il était mon témoin.

Sandrine DUMARAIS : Et donc y'avait quelque chose.

Micheline RATEAU : Voilà. (rire) C'est vrai. parce que c'était l'heure où il rev'nait d'tournée lui. Jacky.

Yves CIVARD : Et donc c'était bien lui qu'vous alliez voir...

Micheline RATEAU : Voilà...

Yves CIVARD : Ah ça vous vous en souvenez monsieur ?

Jacques RATEAU : Ah si j'm'en souviens !

Micheline RATEAU : Ah ah ah si j'm'en souviens ! Ouais, voilà.

Yves CIVARD : Ah d'accord donc vous étiez dans... il... était dans la ferme non...

Micheline RATEAU : Non non non non. Il f'sait les tournées puis il s'arrêtait au... au... au Çafé à côté d'chez nous qui f'sait dépôt d'pain. et puis il s'arrêtait là alors euh ça dépend. si y f'sait beau j'allais en vélo, sinon euh, si y f'sait pas beau il m'em'nait jusqu'à la ferme quoi. C'était sur son... sur le ch'min. Parce qu'à ce moment là il habitait un p'tit hameau à Chassagne, voilà. Et Mitterrand l'a rappelé maintes fois euh, même la dernière fois qu'il est vn'u manger à Aligny j'crois qu'c'était en 94. et y m'a dit : " On a beaucoup parlé d'vous, on a parlé du... du pot à lait ". Toujours... y... voilà.

Yves CIVARD : Parce que vous étiez déjà boulanger ?

Micheline RATEAU : Ah ben ça oui. Ah ben oui. Il était boulanger chez son père hein depuis l'âge de 14 ans hein.

Jacques RATEAU : Toutes les réunions d'mairie on y a eu droit au pot à lai hein.

Micheline RATEAU : Hein ? Ah oui à chaque réunion il en parlait toujours.

Yves CIVARD : Alors donc boulanger. Vous avez r'pris après la boulangerie parce que j'crois qu'vous aviez une boulangerie aussi.

Micheline RATEAU : Oui oui. Ben quand... quand le boulanger qu'était là a vendu son affaire... parce que mes beaux-parents ils étaient boulangers mais à Chassagne hein, c'était un hameau et ils avaient qu'un dépôt d'pain ici. donc il a racheté la... la boulangerie là. et donc heu... ben c'était... j'attendais Marie-Christine. Y'a deux ans qu'on était mariés quoi ! on a travaillé déjà avec mes beaux-parents et puis après ben quand ils s'sont r'tirés on a r 'pris la boulangerie. Jusqu'à c'que mon mari tombe malade en 91. Voilà.

Yves CIVARD : D'accord. Alors, à propos d'cette maladie d'ailleurs, j'crois qu'Mitterrand avait, était intervenu...

Micheline RATEAU : Ah oui... ben c't'à dire qu'il était intervenu, euh il avait téléphoné pour avoir des nouvelles.

Yves CIVARD : Racontez-nous un p'tit peu comment ça s'est passé toute euh... Donc heu quand vous êtes euh... vous êtes allés à l'hôpital c'est ça ? Vous étiez...

Micheline RATEAU : Oui il a été, il a été...

Yves CIVARD : Comment ça s'est ...

Micheline RATEAU : Il a été dans l'comas donc il a été hospitalisé d'urgence à...

Yves CIVARD : D'un seul coup il est tombé dans le ...

Micheline RATEAU : Oui en allant, en sortant d'la mairie. Il est rentré dans sa voiture et puis... tu pourrais l'raconter mieux qu'moi... et il... il savait plus passer la marche arrière. donc la voiture est v'nue mourir dans la... la balustrade de l'école. et heureusement y'avait quelqu'un avec lui, il a appelé la secrétaire, ils ont appelé l'docteur, avant moi, hein. et de là l'docteur a dit c'est très grave, il faut l'emmener en hélicoptère, malheureusement... l'hélicoptère ne pouvait pas décoller y'avait trop d'brouillard à Dijon... Donc on l'a, on a fait un relais avec l'hôpital de Saulieu... et de là euh... il a été hospitalisé dans... dans l'après-midi à Dijon. Et l'temps qu'j'étais à Dijon euh... Parait-il Mitterrand a téléphoné plusieurs fois heu pour savoir c'qu'il en était. et il a rappelé le lend... euh l'lendemain matin. Puis l'Elysée l'a rappelé pour sa... avoir des nouvelles.

Yves CIVARD : Et là vous l'avez eu ?

Micheline RATEAU : Ah là j'l'ai eu oui. Parce que l'matin j'suis restée servir les clients hein. il fallait qu'la boulangerie continue.

Yves CIVARD : Donc c'est dans la boulangerie qu'il vous a appelé...

Micheline RATEAU : Voilà, voilà.

Yves CIVARD : D'accord.

Sandrine DUMARAIS : Vous pouvez nous parler d'la photo... que vous avez en face de vous.

Micheline RATEAU : Quoi, la... la

Sandrine DUMARAIS : La photo d'mariage.

Micheline RATEAU : La photo d'mon mariage ? ben qu'est... que voulez vous qu'j'en dise !
(rires)

Sandrine DUMARAIS : Finalement il a été vot' témoin. Mais comment ça s'est passé, racontez-nous...

Micheline RATEAU : Mais ça j'vous l'ai raconté tout à l'heure hein. J'vous, j'vous l'ai...

Sandrine DUMARAIS : Mais en fait comment ça s'est passé pour le mariage, le jour du mariage...

Micheline RATEAU : Ah ben l'jour du mariage il est arrivé très en r'tard... on avait fait, formé l'cortège et on savait pas si on n'allait pas prendre un autre témoin heu parce qu'il arrivait pas et puis bon hein donc il est arrivé...

Yves CIVARD : A ce point là, il est arrivé avec combien de retard...

Micheline RATEAU : Ah...

Yves CIVARD : Vous étiez où, tous à la mairie ? ou c'était...

Micheline RATEAU : Ah non non non on était encore heu devant l'garage hein on avait formé l'cortège parce que vous, vous avez vu on était nombreux donc on avait formé l'cortège devant l'garage et puis bon ben il est arrivé vraiment à la dernière heu minute.

Yves CIVARD : Mais c'était pour heu, pour la mairie et après vous aviez...

Micheline RATEAU : Ah ben oui après y'avait l'église. Oui.

Yves CIVARD : Et il est resté toute la journée avec vous ?

Micheline RATEAU : Ah oui oui, il est resté au r'pas, il a même dansé euh... Pas beaucoup mais enfin il a dansé un peu avec chaque dame, enfin... voilà.

Sandrine DUMARAIS : Et comment vous expliquez qu'il soit attaché autant au Morvan ? Et aux morvandiaux ?

Micheline RATEAU : Ça je... D'abord je crois qu'il s'attachait bien aux gens heu qui sav... qui savaient lui t'nir tête dans le fond. Vous voyez pas... pas les gens qui... qui s'mettaient à g'noux d'vant et gnagna... J'pense que il app... il appréciait quand euh... la contradiction, j'crois qu'ça l'stimulait. Et puis l'Morvan, il aime... il aimait tellement la nature que quand même le Morvan c'est une, hein la nature est belle dans l'Morvan. Aussi bien au printemps que, en c'moment à l'automne avec les feu... les feuilles et tout hein.

Jacques RATEAU : Et puis t'as la terre d'élection non ?

Micheline RATEAU : Ben oui. Mais au... au départ ben heu...

Yves CIVARD : Y'avait quelque chose de sentimental, de politique mais aussi de sentimental.

Micheline RATEAU : Ah oui, ah oui après c'était sentimental hein, heu enfin... oui. Parce que pour avoir euh... pour avoir envoyé des Çartes postales euh des années après de... enfin quand il a été Président, de tous les coins du monde où il allait euh... y'avait quand même heu de l'amitié, on peut pas c'était... à ce moment là on peut pas dire qu'c'était pour avoir nos voix il avait plus besoin d'nos voix hein, non. Ça...

Yves CIVARD : Oui toujours resté attaché...

Micheline RATEAU : Ah oui oui ça...

Yves CIVARD : Quand vous dites amoureux d'la nature...

Micheline RATEAU : Ah oui il était amoureux d'la nature hein, ça tout le monde le sait hein.

Yves CIVARD : Donc vous alliez...

Micheline RATEAU : Ah non pas moi. Mais avec mon père oui ils allaient... arpenter les... enfin ils... D'ailleurs quand y'avait un problème mon père l'emm'nait voir celui-ci, voir celui-là heu. Quand mon père a fait faire la heu... la route autour du lac... Et Séton tout ça c'était un ch'min d'terre on... on pouvait tout juste y passer en vélo hein, y'avait des racines des sapins tout ça... donc heu... Non seulement la route a été faite mais elle a été dep... elle est passée au département donc heu... C'était quand même un bon... bon point.

Jacques RATEAU : Important.

Yves CIVARD : Et Mitterrand il allait sur place, il...

Micheline RATEAU : Ah oui oui oui. Ah oui oui. Oui oui il allait Çauser avec les uns, les autres, les cultivateurs, euh... ouais.

Yves CIVARD : D'accord... Alors sur le plan de l'homme on disait qu'c'était un séducteur. Qu'est-c'que vous pensez de... avec les femmes y s'comportait comment ?

Micheline RATEAU : Ecoutez moi j'étais pas... (rire). j'pouvais l'apprécier à c'moment là moi comme séducteur j'étais trop gamine hein.

Yves CIVARD : Et même après...

Micheline RATEAU : Oh ben après moi j'crois... je crois que que toute ma vie j'suis restée la gamine hein. Je pense. Je pense que j'suis restée la gamine.

Yves CIVARD : Oui c'était vraiment comme quelqu'un de la famille.
Micheline RATEAU : Oui. Oh oui. Je... j'pense... enfin non y... y voyait pas... il avait pas à m'séduire (rire).

Yves CIVARD : Non bien sûr mais vous entendiez p't'être des histoires ou...

Micheline RATEAU : Oh oui ben les histoires ça... qui n'en a pas entendu, hein ça.

Jacques RATEAU : (rires) Bien sûr que c'était un beau gamin hein.

Micheline RATEAU : Oui il était bien ça c'est sûr mais. Enfin ben heu...

Yves CIVARD : Il plaisait aux femmes heu... il avait...

Micheline RATEAU : Ouais. Enfin ici bon j'sais... j'peux pas dire ici mais j'sais qu'dans l'ensemble oui.

Yves CIVARD : ici y'avait pas d'histoires qu'on racontait...

Micheline RATEAU : Ah non non y'a pas d'hist... non non (rire).

Yves CIVARD : Une maîtresse ou...

Micheline RATEAU : non non.

Yves CIVARD :Et alors après donc y a eu le... hum... vous avez entendu parler donc de Mazarine, vous l'avez su avant euh qu'on en parle dans les journaux Mazarine ?

Micheline RATEAU : Ah non, ah non non. J'me suis rappelée après... euh... Parce qu'il me demandait toujours des nouvelles de mes filles bien que les connaissant pas beaucoup les ayant vu petites, les ayant vu bon ben... quand... quand il a décoré Jacky tout ça... mais il m'avait d'mandé des nouvelles de mes filles... Y m'demandait toujours des nouvelles de mes filles. Et j'lui disais ben y'en a une qui est mariée l'autre qui est en ménage et bon ben... ça m'ennuie un p'tit peu. Et puis j'dis bon ben si mes parents étaient là euh... mon père heu... Alors là y m'dit : " Oh oui, il était dur vot'papa ". puis bon on a continué la conversation sur Marie-Pierre qui, donc qui n'est pas... mariée, qui vit en ménage, et y m'a dit euh " C'est déjà bien qu'vous puissiez en parler ". Donc après quand j'ai su l'histoire de Mazarine j'ai dit dans l'fond p't'être que lui son secret il aurait bien voulu en parler aussi. Je s... mois... c'est mon... mon raisonnement à moi hein.

Yves CIVARD : Et euh donc la période quand il est dev'nu malade. Vous le... donc la période après le... après le... euh... vous aviez conscience euh... vous l'voyiez...

Micheline RATEAU : Oh ben... on l'voyait surtout heu... au moment des... des cérémonies à Dun les Places hein. Alors d'un an sur l'autre euh... évidemment que...

Yves CIVARD : Mais là vous aviez toujours des rapports directs avec lui ou non, c'était quand même dans des cérémonies...

Micheline RATEAU : Ah ben c'était plutôt dans des... dans des cérémonies hein. Oui.

Yves CIVARD : Donc après le, quand il est dev'nu Président de la République vos rapports ils ont un p'tit peu changé ou euh...

Micheline RATEAU : Oh quand on s'rencontrait non. enfin c'est à dire moi j'étais... j'avais quand même un... ça m'ennuyait d'l'app'ler monsieur le Président. (rire) Je savais pas comment... c'est vrai. Mais autrement bon heu... C'est sûr que moi, moi quand même heu... j'avais quand même plus de r'cul que... qu'avant enfin...

Yves CIVARD : Et vous l'appeliez monsieur l'Président plutôt qu'monsieur Mitterrand ?

Micheline RATEAU : Oh plutôt... j'l'app'lais plutôt monsieur Mitterrand qu'monsieur l'Président. Quelques fois j'l'app'lais monsieur l'Président si j'avais... comme quand j'lui avais parlé d'une suppression d'l'école là heu... Bon heu là j'l'avais appelé monsieur l'prési... Président mais euh... j'sais pas (rire) j'étais pas à l'aise...

Jacques RATEAU : Mais lui y t'appelais Micheline.

Micheline RATEAU : Oh oui oui ça... Sauf quand il est v'nu euh... inaugurer le euh... le comment le... le musée d'la résistance, donc y'avait des chefs de maquis, mon père était donc en photo et... il allait partir quand je heu... parce que j'allais pas quand même heu... j'voulais pas aller euh... bon toujours être à ses basques euh... Et il m'a rencontré comme ça : " Ah ben enfin la voilà la fille à Joseph " il m'a dit. (rire) Ouais.

Sandrine DUMARAIS : Et les Çampagnes électorales vous les avez suivies ?

Micheline RATEAU : Oh oui j'allais aux réunions... J'ai toujours été aux réunions avec mes parents. Mais enfin bon je... j'y allais comme ça heu... C'est pas que j'faisais d'la politique hein, mais enfin bon.

Sandrine DUMARAIS : Et vous pouvez nous raconter votre souvenir du soir des élections du 10 mai 81 ?

Micheline RATEAU : Ah ! Le 10 mai 81 j'étais toute seule devant ma télé, mon mari et... on devait aller, nous devions aller manger chez le maire de Mensair et mon mari était parti sortir le chien et il voulait qu'on s'en aille euh... on va s'en aller, de toute façon on aura le résultat, mais non... on n'avait pas de... on n'avait pas de... à c'moment là on n'avait pas d'radio dans la voiture, j'ai dit : " Non moi je n'pars pas avant l'résultat, tant pis si on est en r'tard ". Donc euh quand on a vu les les... les rayures sur la télé, j'ai dit : " Oh ça c'est pas la tête allongée de GisÇard " et j'ai applaudi et j'ai pleuré et j'ai pleuré toute seule ! (rire)

Sandrine DUMARAIS : Et euh... le jour de sa disparition vous avez aussi...

Micheline RATEAU : Ah oui. Alors là, c'est là qu'j'ai fait mon...

Sandrine DUMARAIS : Dans quelles circonstances vous l'avez appris et comment ça s'est passé ?

Micheline RATEAU : C'est ma fille qui m'a téléphoné. ma fille qui... avait l'poste allumé et elle m'a dit il faut que je... " est-ce que t'as entendu qu'Mitterrand était mort. Oh j'suis restée................ sidérée hein. Ça. On s'en attendant pourtant mais... c'est une peine immense hein parce que... vraiment c'était... Et oui. Et l'jour de son enterrement ben j'ai passé mon... mon temps à faire mon... mon album. les filles m'avaient donné l'album heu... ben pour l'Noël, pour le Noël avant... et j'l'avais pas fait. et donc heu j'suis restée toute le... tout l'temps d'la cérémonie... là euh à cette place à r'garder la... les funérailles et... tout en f'sant mon... mon album.

Sandrine DUMARAIS : Et vous aviez pas envie d'aller à Jarnac ?

Micheline RATEAU : Ben si j'aurais bien eu envie mais co... comment... mon mari maintenant quand il... il a quand même des difficultés pour conduire aussi loin euh... si y'avait eu un Çar ou quelque chose... Et d'ailleurs j'ai toujours dit " J'v... il faut que j'y aille " et j'n'y suis pas encore allée. Si j'aurais bien eu envie mais dans l'fond bon.

Sandrine DUMARAIS : Et vous n'avez pas été trop déçue qu'il soit pas enterré au Mont Beuvray ?

Micheline RATEAU : Au Mont Beuvray non mais j'aurais préféré qu'il soit enterré par exemple à Château-Chinon. enfin bon. si c'était son désir hein on peut pas aller contre.

Yves CIVARD : Vous pensez qu'son désir c'était d'être enterré...

Micheline RATEAU : ben je sais pas après les histoires qu'y avait eu au Mont Beuvray je sais pas hein... Peux pas dire.

Sandrine DUMARAIS : Mais les gens du... les gens du Morvan, les morvandiaux en général qu'est-ce qu'ils en ont pensé d'ça qu'y s'fasse enterrer à Jarnac.

Micheline RATEAU : Ah ça j'sais pas... j'sais pas hein j'ai pas... pas eu d'conversation...

Sandrine DUMARAIS : Ils étaient pas un peu déçus ?

Micheline RATEAU : Sans doute, sans doute oui. Sans doute. Sans doute parce qu'il a quand même... bon il a vécu bien sûr son... son enfance là-bas et... Mais quand même heu... le Morvan c'était quand même quelque chose hein... Château-Chinon...

Yves CIVARD : On va changer d'Çassette.

Sandrine DUMARAIS : D'accord.

Générique

REA : CIVARD Yves ; DUMARAIS Sandrine

Mots clés

INTERVIEW; sonore

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