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Fiche Document : 99 01 04 09 - FANNY COQUILLON - MONSIEUR ET MADAME EMMERY

 

 
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Type RUSH
Collection Pathé (Pathé Productions)
Documentaire
Durée 00:00:00
Coul. son  
Droits Interview non exploitable commercialement sans autorisation des intéressés. Privé
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Référence

99 01 04 09

Titre

FANNY COQUILLON - MONSIEUR ET MADAME EMMERY

Dates

Prise de vue : 06/11/1998

Résumé catalogue

Suite interview de Fanny Coquillon et début interview de Monsieur et Madame Emmery.

Résumé descriptif

ITW de Fanny COQUILLON (suite)

Yves CIVARD : Alors vous nous aviez parlé l'autre jour de la plus grande peur de votre vie...

Fanny COQUILLON : Ah oui. Ah oui. Ben c'est... c'était un jour où on allait à la foire à Moulin en Gilbert ( ?) avec un taxi qui avait à c'moment là, là un gazogène, y'avait pas d'voiture à essence, c'était un gazogène, une camionnette. Et alors on était avec un... un copain le boucher, un ancien boucher d'ici et on passait par Anoche ( ?) chercher un autre copain un marchand de cochons. Et alors on allait à la foire. Puis arrivés à Arloeuf qu'est-ce qu'on voit, les Allemands. Enfin. Tout ça tout d'un coup ils nous arrêtent, ils nous font descendre, ils nous alignent le long d'un talus là, on était quatre y m'semble, oui, ils nous alignent le long du talus avec trois, trois ou quatre soldats devant nos avec des fusils. Ah ben on dit " ça y est... ça y est, nous v'la r'fait "... alors moi dans ma tête moi j'avais pensé, j'dis " sitôt que j'vais les voir tirer j'vais m'laisser tomber en arrière " hein, j'avais ça dans la tête mais j'aurais pas eu l'temps hein... (rire). Puis ma fois tout d'un coup v'là qu'y vient un officier, ils ont parlé entre eux tout ça, ah ils nous font r'monter. On r'monte en camionnette, ils ferment le derrière et ma fois les voilà partis à discuter tout ça. Ils ont discuté alors y'avait le... le boucher là, il avait d'l'argent là dans sa poche, ils lui disent " vous gros capitaliste " (rire). Il dit " non moi pas capitaliste non ". Ah m'enfin ça dure cinq minutes, dix minutes bon, ils nous font r'descendre. encore alignés. Ah ben j'dis ça y est, j'dis cette fois on est bon. Ça a encore duré. Encore dix minutes tout ça. Il en arrive un autre. Les v'la encore partis à discuter. Ma fois tout d'un coup ils nous font r'monter, et ils nos font r'partir. Alors là... là j'ai eu peur. Alors on est arrivé à la foire mais alors euh pfft... on a rien fait. On est r'venus comme on est partis. (rire). Ah ouais. Ça a fait une drôle d'impression hein quand on voit quatre gars comme ça d'vant vous avec des fusils hein (rire). Ah ouais. Ah ouais ça...

Sandrine DUMARAIS : Ah Planchez ça a bien changé hein...

Fanny COQUILLON : Ah ouais...

Sandrine DUMARAIS : Sa reconstruction...

Fanny COQUILLON : Ah ouais. Tout ça a... oh ça a été fait... Ça a été fait bien et mal parce que... ils ont fait les maisons avant d'faire les routes. Alors ils s'sont aperçus après qu'y avait des maisons qui étaient trop hautes, qu'y en a qui étaient trop basses... Alors ma fois... ils ont modifié tout ça comme ils ont pu... En principe ils auraient dû commencer déjà par les routes. Hein c'était... c'était la logique hein... Mais ils ont fait l'contraire. (rire).

Sandrine DUMARAIS : Et vous...

Fanny COQUILLON : Mais enfin c'est pas mal quand même hein. On peut pas dire hein. Puis on a une jolie mairie maintenant hein, qu'est superbe hein, tout l'monde l'admire. C'est vrai. Et ouais. Si si ça mais... ça elle est bien.

Sandrine DUMARAIS : Et vous qu'est-ce que vous pensiez d'Mitterrand vous ?

Fanny COQUILLON : Oh moi j'pense... pour moi, pour moi c'était un... c'était un brave homme pour moi. Moi c'est pas question politique hein. Moi la politique j'en n'ai rien à faire hein. Mais pour moi c'était un brave homme puis c'est tout, c'était un... ouais... Moi j'l'aimais comme ça en tant de... question politique moi j'en ai rien à faire hein. D'abord y'en a aucun qu'est pour nous hein, nous les commerçants on n'est pas... ouais.

Sandrine DUMARAIS : Et c'était quoi ses qualités et ses défauts ?

Fanny COQUILLON : Ses qualités et ses défauts ? Oh... pfft. Ses défauts j'en sais rien moi tu vois bien... Y'en avait un p'tit peu comme tout l'monde mais ma fois lesquels j'sais pas (incompréhensible).

Yves CIVARD : D'accord. On va r'garder p't'être les... Tu as d'autres questions ?

Sandrine DUMARAIS : Euh...

Fanny COQUILLON : Il aimait bien les femmes quoi !

Yves CIVARD : Ah dites-nous... Parlez-nous un p'tit peu d'ça.

Fanny COQUILLON : (rire). Oh mais c'est tout c'que j'sais (rire). J'en n'ai pas vu plus (rire).

Sandrine DUMARAIS : Et elles l'aimaient bien aussi non ?

Fanny COQUILLON : Hein ?

Sandrine DUMARAIS : Racontez-nous, ça c'est marrant. Elles lui couraient un peu après aussi, non ?

Fanny COQUILLON : Non ! Non non non non. Non non. J'ai toujours entendu parler d'ça quoi. Monsieur Mitterrand aimait les femmes. Alors évidemment sa mère en était une. Il pouvait pas être autrement hein (rire). Ah oui.

Yves CIVARD : C'était un bruit qui courrait ou il avait des maîtresses dans l'pays...

Fanny COQUILLON : Ah non. Enfin moi, moi j'ai pas vu hein. J'ai jamais vu hein (rire). C'est c'qui s'disait.

Sandrine DUMARAIS : C'était un charmeur ?

Fanny COQUILLON : Ouais. Ben il était beau gosse quand même. Hein (rire). Alors ils allaient faire des p'tites javas là avec Colin là à Chaumard dans son p'tit pavillon à Colin (rire). Ah ouais.

Yves CIVARD : Et alors qu'est-ce qu'on racontait ?

Fanny COQUILLON : Oh ben rien du tout là, ça... ça buvait un p'tit peu l'champagne, ça... ça s'amusait un p'tit peu quoi ! Hum. Mais c'était pas méchant.

Yves CIVARD : Alors racontez-nous photos monsieur...

Fanny COQUILLON : Ah ben ça c'est des photos... C'est à Soneton ça. C'est à l'étang ( ?) là quand il était v'nu pour faire un p'tit peu d'pêche. Ouais ouais. Ouais c'est ce jour là qu'il était v'nu mais les gendarmes s'étaient planqués parce qu'il voulait pas... il voulait pas voir aucun officier de gendarmerie autour de lui. Il voulait être seul. Personne. Alors les gendarmes étaient planqués autour dans les bois. Ouais ouais c'est c'jour là ça. Ouais ouais.

Yves CIVARD : Attendez... Allez-y.

Fanny COQUILLON : Ouais, ça c'est l'étang. Voyez là c'est c'jour là qu'il avait pas voulu d'gendarmes autour de lui. Qui s'étaient planqués dans les bois pour pas qu'il les voit. (rire). Oui voilà. Planchez avant d'être brûlé, Planchez après. Les deux même photos ici. Ouais ben ici aussi. Ouais ah ben ça c'est... c'est pas loin d'l'église ça, c'est les Cottin. C'est toute la famille Cottin ça, les menuisiers... Ah oui, alors là ben oui, c'est derrière chez Cottin ça... Ah puis celle-là ben c'est... Ça c'était la Marie Nana comme on l'appelait. La grand-mère du titi Brossier. Hum hum. Et oui. Et oui tout ça.

06 09 08 21 : Plans sur les photos (sans le son)

06 09 09 34 à 06 09 09 40 : Plans de l'étang (sans le son)

09 13 06 09 13 08 : ITW de André et Madeleine EMERY

Yves CIVARD : Alors Monsieur l'maire, on peut vous appeler monsieur l'maire ?

André EMERY : Pourquoi ?

Yves CIVARD : Vous étiez maire de...

André EMERY : Ah ben j'étais... 25 ans... c'est d'jà pas mal hein...

Yves CIVARD : Donc vous pouvez nous raconter un p'tit peu... cette heu... cette période donc de euh... vous avez commencé votre heu vot'mandat de maire à quelle heu... à quelle époque ?

André EMERY : J'ai commencé en 44... euh presque aussitôt après le massacre de Dun. Le... le... le maire, l'adjoint, mon père était maire et l'adoint il... il a continué jusque euh... pendant quelques mois et puis après... ben il a dit pffuit ! Moi j'en ai marre (rire) j'm'en vais. Et j'ai commencé en 44.

Sandrine DUMARAIS : En fait vous avez pris la succession de votre père...

André EMERY : Oui j'ai pris la succession d'mon père, puis c'était... c'était pas bien drôle à c'moment là hein... Le pays était tout... tout en l'air... Les maisons étaient brûlées et tout l'bazard ( ?) Et puis y'avait quand même 26 allongés à Dun hein. Alors là, là c'était pas ben drôle... du tout même.

Sandrine DUMARAIS : Vous pouvez m'raconter cette heu... plus ou moins hein comme... comme vous... vous voulez cette journée du... du 26 juin et me raconter pourquoi ça a eu lieu ?

André EMERY : Ah ben ça pourquoi on n'en sait rien ma fille. Pourquoi (brouhaha) c'était des r'présailles. C'est à dire que... ils savaient qu'à Dun y'avait, y'avait trois maquis sur la commune. Ils avaient d'quoi faire les boches hein. Et heu... Et ils sont v'nus et ils savaient très bien où ils allaient ils s'sont... ils s'sont fait prendre par les... par les gars de...

Sandrine DUMARAIS : De Vermout

André EMERY : Hein ? De Vermout oui. Ils sont allés au... au maquis Vermout main'nant ils s'sont fait... là ils ont eu des pertes considérables. Les Allemands... c'est ça qui les a mis d'ailleurs dans une fureur extrême, je suppose. Tout ça ce sont des suppositions. On n'en sait rien du tout hein. Puis après ils sont r'venus ici, c'est là qu'ils ont commencé d'arrêter tous les... tous les gens... ben... Et puis... on... Moi j'ai eu d'la veine de pas être ici... j'étais pas si loin mais enfin j'étais... j'étais pas là pour... me faire ramasser. Voilà. Comment ça s'est passé.

Yves CIVARD : Et alors donc heu...

Sandrine DUMARAIS : Ils ont pris tous les hommes c'est ça ?

André EMERY : (brouhaha) Oh ils ont pris tous les hommes qu'ils ont trouvé de... des personnes âgées, le père machin y... il avait quatre... presque quatre-vingts ans... tous ceux... tous les hommes. Y'en a... y'en a qui sont passés au travers, on s'demande pourquoi d'ailleurs... enfin... On non non ils sont restés, ils sont restés là. Oui oui. Mais enfin ça, c'est une autre paire de manches. On peut pas épiloguer là d'sus on n'en sait rien. Qu'est-ce qui... pourquoi.

Sandrine DUMARAIS : En fait ils ont été tous enfermés dans l'église, c'est ça hein ?

André EMERY : Ils... d'abord chez... chez Véronet, Véronet qui était un... hôtel euh, bistrot et tout c'qu'on veut ils... ils étaient là le... c'était le... c'était le...

Madeleine EMERY : L'PC des allemands

André EMERY : C'était l'PC des... oui des Allemands... Ils étaient là... tous le gars... ils interrogeaient les gens qui... qu'ils avaient arrêté. Ils interrogeaient enfin, on suppose tout au moins, enfin... qu'ils fassent quelque chose. On n'a jamais su quoi au juste. On n'était pas là-bas pour l'savoir hein et heureusement.

Yves CIVARD : Et puis après donc heu comment ça s'est passé. Ils les ont tué euh... dans l'église ? non...

André EMERY : Non. Ils les ont fait sortir de... de l'église sur le... oh y'en a qu'ont été tués sous l'porche...

Madeleine EMERY : Sous l'porche oui, sur les marches... pas dans l'église...

André EMERY : Sous l'porche et puis les autres devant le... ils ont tiré à la... à la mitraillette là très exactement. Ils étaient criblés d'balles. Mon père il avait plus figure humaine, il était... il était criblé d'balles.

Yves CIVARD : Et vous aviez plusieurs membres de votre famille qui étaient touchés par ce...

André EMERY : Non y'avait tout simplement mon père, c'était déjà pas mal, et puis l'employé, l'employé de la... d'la maison... qui r'venait, qui était prisonnier là-bas il r'venait d'prisonnier... il y est passé comme les autres hein. Ils lui ont pas fait de...

Yves CIVARD : Et alors vous étiez où ?

André EMERY : J'étais dans la nature. Que j'regardais c'qui s'passait. Avec plusieurs d'autres et puis on n'était pas décidé à v'nir ici et puis on a bien fait d'pas y v'nir hein... On y est v'nu... Nous y sommes venus parce que ils sont allés à Vermout. Ils ont attaqué Vermout et le... le hameau de... Vermout qui est à quatre kilomètres du bourg. Alors ils sont tous partis... Y... y'avait plus d'allemands... (on entend un bruit) Y'a des voix ici ? des esprits frappeurs (rire). Et pendant... pendant c'temps là y'avait plus de... d'Allemands ici... j'suis rentré moi d'ailleurs j'suis r'venu comme dans... tous les autres... ma mère puis... " qu'est-ce que tu viens faire là, fiche le camps d'là, va-t-en et... " c'est tout. Puis ils ont bien fait d'ailleurs. et on est r'partis aussi sec. On est r'partis comme des ânes, on est r'partis sur des vélos. Euh... sur la route... on pouvait se... enfin c'était pas not'jour puis c'est tout. J'y crois moi parce que...

Sandrine DUMARAIS : Et est-ce que vous vos rendiez compte vraiment de c'qui s'passait quand vous étiez sur les montagnes au d'sus ?

André EMERY : Ah là non on voyait rie... quand on était sur le... parce que après le nuit est v'nue, qu'est-ce que tu veux qu'on voit. On n'est pas resté sur... sur la montagne la nuit hein. La nuit on... on était rentrés on est partis ailleurs. Non non.

Sandrine DUMARAIS : Et alors qu'est-ce qu'ils ont fait d'autre, ils ont mis le feu c'est ça...

André EMERY : Oh non non. Deux jours après ils l'ont fait. Deux jours après. Ils sont restés trois jours ici. Le jour du massacre, le lendemain et le surlendemain... dans la matinée ils ont fait brûler tout, toutes les maisons principales et puis ils sont partis, ils sont partis vers le... enfin vers midi à peu près. Ils sont partis sur heu... sur Saulieu.

Yves CIVARD : Donc c'est la ville martyre, on dit qu'c'est un peu... que c'est la ville martyre de...

André EMERY : Du département. Ah ben ça c'est, c'est sûr oui, y'a pas d'doute. Y'a pas d'doute.

Yves CIVARD : Et alors donc chaque année Mitterrand était très attaché à cette commémoration.

André EMERY : Ah ça oui. Ça il en a jamais loupé une, jamais.

Madeleine EMERY : (ils parlent en même temps) Ah ça lui est arrivé deux fois. Voyez deux fois sa femme est v'nue l'représenter

André EMERY : Absolument.

Sandrine DUMARAIS : Parce que finalement c'est à cause de cette destruction...

André EMERY : Que... qu'on a connu Mitterrand ?

Sandrine DUMARAIS : Que vous avez connu Mitterrand...

André EMERY : Mais bien sûr.

Sandrine DUMARAIS : Et que vous avez connu vot'femme aussi.

Madeleine EMERY : Aussi

André EMERY : Aussi. Mais... mais t'es très calée toi (rire). Oui oui absolument.

Sandrine DUMARAIS : Comment ça s'est passé ? enfin pour les deux...

André EMERY : Que... Ah bon (rire). Mais elle est curieuse hein, elle est curieuse... Non comment ça s'est passé ben... Mitterrand était quand même euh... était l'élu de... de la Nièvre. Il était... était député de la Nièvre. Et après heu... c'qui s'est passé il est v'nu. il est v'nu pour voir c 'qui s'était passé donc c'est là que j'ai fait connaissance avec lui... Connaissance heu... très brève heu parce que on n'a pas eu l'temps de parler à c'moment là. Après oui. Après les liens se sont tissés c'était différent. Mais là... c'est comme ça qu'on a connu Mitterrand ici. Il était le... il était le premier euh, le premier à v'nir s'inquiéter de...

Madeleine EMERY : De vot'sort

André EMERY : De not'sort oui, absolument. De voir si on avait besoin d'son aide, si il pouvait nous donner un coup d'main, si... du côté d'la préfecture ou est-ce que j'sais d'la... des différents services quoi. Il nous a pas laissé tomber. C'est c'qui... pardon ?

Sandrine DUMARAIS : On doit changer d'cassette.

Générique

REA : DUMARAIS Sandrine ; CIVARD Yves

Mots clés

INTERVIEW; sonore

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