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Fiche Document : EXTSYD 251 RUSH 7 1 - ESPRIT MITTERRAND - INTERVIEW A L'ELYSEE - PRISE D

 

 
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Type SEQUENCE
Collection Pathé Sygma Reversements
Documentaire
Durée 00:24:26
Coul. son Couleur  Sonore
Droits Vente des rushes avec l'accord des auteurs (Pierre Jouve & Ali Magoudi) - Reversements. Accord réalisateur
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Référence

EXTSYD 251 RUSH 7 1

Titre

ESPRIT MITTERRAND - INTERVIEW A L'ELYSEE - PRISE D'OTAGES TEHERAN

Dates

Prise de vue : 01/08/1984

Résumé catalogue

27/127 cassettes de rushes

1er AOÛT 1984. "IL DEVAIT CE SOIR LA DORMIR A L’ELYSEE A L’OCCASION D’UNE PRISE D’OTAGES A TEHERAN. ENTRE 18 ET 19 HEURES. ATTENTE ET REMUE MENAGE. IL EST MÊME SORTI DE NOTRE BUREAU AVANT DE NOUS RECEVOIR".

Résumé descriptif

M – J ’ suis un peu euh… inquiet de l ’ ampleur que ça prend

A – Inquiet ?

M – Surtout qu ’ on n ’ en est qu ’ en 1940, il nous reste encore quarante-quatre ans (sourire).

A – C ’ est inquiet par rapport à votre temps…

M – Puis même par rapport à le le l ’ objectif parce que j ’ ai pas décidé moi de raconter ma vie. Si je veux la raconter, je la raconterai moi-même eu un jour ! Comprenez. C ’ ta dire que vous fassiez les perceptions, les projections, bon c ’ est bien, vous êtes sympathiques et ce que vous faites m ’ intéresse, bon ben très bien, j ’ y participe, mais ça devient un système maintenant ! … Oui ! Ça devient un monstre ! Et oui ! Faire comme ça (signe de moulinets de la main). Dites-moi un peu là.

A – Enfin eu euh le sentiment qu ’ on a quand on fait les portraits ??? pour faire quelque chose…

M – Ah ! mais vous imaginez…

A – Oui !

M – Ce qu ’ on est en train de faire !

A – Oui ! Mais en en même temps on on a cette perception que pour faire quelque chose de bonne qualité, il faut…

M – Oui mais enfin ! … eh !..

A - …Prendre son temps…

M – Eh ! … Ça requiert des heures, des heures et des heures et en même temps des des documents, vous m ’ interrogez sur euh des questions vraiment purement intérieures euh

A – Oui ! Oui !

M – Ben oui mais je répète j ’ ai pas décidé moi d ’ écrire, de faire mon autobiographie ! (Rire satisfait de lui-même) je sais pas si vous me comprenez ?

A – Si si… On vous comprend très bien ce que vous disiez, simplement…

M – Moi je pensais qu ’ on que qu ’ on passerait quelques heures ensemble, quatre cinq heures, puis ensuite, vous en retirez vous des éléments de portraits de votre choix ! A votre guise, sous votre responsabilité. Tandis que là, maintenant, le portrait, c ’ est moi qui le fait ! Ah ! Si ! Si tout est enregistré, moi je savais pas au début que tout est enregistré maintenant. Donc vous avez de quoi faire une heure de film là, c ’ est c ’ est…

A – depuis le début, depuis tout est enregistré, Monsieur le Président, vous le savez.

M – Enregistré, le ton, de voir les images aussi maintenant

A – Depuis le début…

M – Peut-être depuis le début, mais je pensais pas moi que je serais tout le temps euh filmé ça fait un document énorme

J – Oui, enfin… On pense que pour saisir la qualité…

M – Oui, oui d ’ accord…

J – du personnage…

M – Je sais ce que vous allez me dire, je sais, mais, je veux pas…

A – Parce que au fond ce qu ’ on avait quand même dès le départ demandé, c ’ était que ces entretiens soient enregistrés en vidéo

M – Oui, oui, oui mais je pensais pas que ce serait un volume pareil ! Je vois aucun inconvénient à ce que nos entretiens soient filmés, mais euh si ces entretiens représentent un formidable documentation…

A – Oui

M – Alors là ce ça me change un peu de sens pour moi euh je répète, je deviens l ’ auteur de ma propre de mon autobiographie (sourires), je commente tout et le reste euh c ’ est c ’ est vraiment c ’ était pas mon programme moi de faire ça !

A – On s ’ était mal compris…

M – Ah ben non, non…

A – Ce que je veux dire…

M – Jamais vous m ’ avez dit on va passer six mois ensemble à a tout enregistrer, toutes vos réactions sur tous les sujets qui se sont produits depuis un demi-siècle !

A – Demi-siècle que vous avez vous vécu.

M – Ah voui voui d ’ accord mais… tout de même, il y a il y a toute la part de ce que vous avez à imaginer, à inventer, le projet il est de vous, hein ?

A – Oui, oui, mais le, eeuh…

M - Articuler…

A – Les documents qui sont actuellement enregistrés n ’ ont pas de valeur en soi, tels quels, c ’ est-à-dire que si on veut faire, une heure de film, comme vous l ’ avez dit, il faut déjà il faut un travail considérable de montage, de réflexion, de théorie, c ’ est-à-dire que vous…

M – Hein ?

A – Si on fait…

J – Nous on voudrait absolument sortir des ornières journalistiques…

M – Oui ça, je le sais bien…

J – Ça c ’ est très important…

M – Très bien, ça c ’ est un travail que vous devez faire, euh maintenant vous avez un travail d ’ interprétation.

A – Oui un travail d ’ interprétation qu ’ on fait de toute façon pour chaque entretien, puisque tous les entretiens sont tapés à la machine dans leur intégralité, euh, au mot près, et qu ’ à partir de là, il est bien évident que le montage qu ’ on peut être amené à faire et le travail qu ’ on a fait ce sera de votre (inaudible ???????)

M – Au train où ça va, vous imaginez ce qui reste à faire ? Enorme !

A – Oui.

M – Ben, je peux pas… C ’ est énorme ce que vous me demandez là !

A – Oui. On a conscience qu ’ on vous demande des choses

M – Et puis, euh, je vais dire pourquoi ? Enfin je veux bien, vous êtes une équipe sympathique, j ’ aime bien ce que vous faites, euh, je vous répète, sans ça j ’ aurais pas accepté d ’ ailleurs, mais euh

J – Ça devient important…

M – Mais euh, pourquoi voulez-vous que je fasse cet espèce de monument dont je suis un peu le co-auteur, mais dont je ne suis pas le signataire finalement et je me livre là comme ça

A – Monsieur le Président on vous a bien précisé que le montage que l ’ on pouvait être amené à en faire restait à votre entière eh…

J – On vous l ’ avait précisé

M – Oui, ça je sais bien, mais moi je suis pas quelqu ’ un qui censure…

J – Sans parler de censure, il était évident, il nous apparaissait évident que vous aviez

A – Droit de regard

J – Droit de regard…

M – Oui, mais enfin euh, j ’ en userai pas vous savez bien, sauf s ’ il y a des choses trop…

J – Parce que finalement devient de grande qualité au fur et à mesure…

M – Ben oui hé hé, dites donc, en 1940 oui.

J – Pour la première fois, je pense que…

M – Oui, là c ’ est une montagne qu ’ on a devant nous, hein, moi ça me (hochement de tête) je m ’ ennuie hein ? Il y en a pour six mois de travailler comme ça.

A – Oui.

M – Ben oui, mais pfe, là c ’ est un truc tout à fait inattendu et je pensais pas que ça prendrait cette ampleur, disons les choses. Je pensais que vous aviez besoin de faire quarante pages d ’ un portrait bien étudié, bon très bien. Mais là c ’ est c ’ est, ça me prend un tout autre volume.

A – Oui.

J – Mais on a affaire à un homme dans l ’ histoire, à un Président de la République.

M – Oui. Mais enfin. D ’ accord, d ’ accord.

J – On cherche d ’ abord un petit peu nous à sortir de l ’ ornière…

M – Oui oui, (il sourit et ricane)

J - …habituelle

M – Je sais bien, mais là, tout d ’ un coup, ça n ’ est pas délibéré de ma part, vous comprenez. Si j ’ avais conçu cela, je l ’ ai pas conçu. Bon vous m ’ avez accroché, avec un projet intéressant, intelligent. Très bien mais de là à être tout d ’ un coup, euh à me confesser devant cet appareil à me demander sur tout et le reste !

A – C ’ est pas une confession…

J – Non, non…

M – Ah, ben si, en fait ça revient à ça (072923) …

A – Vous êtes particulièrement contre les confessions, alors…

M – Ah ! Oui ! Tout à fait.

A – Ça c ’ est une, c ’ est le, c ’ est le mot épouvante.

M – Non, c ’ est pas épouvante, non mais c ’ est pas c ’ est pas, mon projet n ’ est pas d ’ en faire, quoi hein ?

A – Oui mais par rapport à la confession ???? A propos du travail qu ’ on a effectué déjà, ces entretiens, dans la longue liste de vos activités, lorsque vous étiez au lycée, une activité qui n ’ apparaît pas, c ’ était donc un collège religieux, c ’ est justement l ’ activité religieuse. Un moment vous nous citez, féru de choses, les cours, les récréations, les études, etc… et dans l ’ activité qui commence à cinq heures et demie du matin et qui se termine à dix heures du soir, il y a pas justement, ces des confessions ???? (082107), et là quand on vous propose un projet dont l ’ ampleur en effet dépasse peut-être ce qui avait été…

M – Considérablement

A – Précisé, euh…

M - Considérablement…

A – Vous nous sortez le mot de conf je suis là en train, vous me demandez de faire une confession.

M – Oui, là je m ’ exprime là ???, tout est enregistré, il y a cette caméra qui me prend et si tout tot c ’ est une question que je n ’ ai pas l ’ intention d ’ examiner quoi. Il y a beaucoup de questions, quelques commentaires, de politique générale, sur l ’ histoire que j ’ ai vécue. Bon très bien. Mais là, ça devient très intimiste et moi je suis hostile à cela (085502). Je pensais à votre conversation de la dernière fois, je pensais nanana, la guerre, la résistance, c ’ était étonnant, je faisais pas de référence, ouf on entre dans les méandres là !

A – Les méandres, c ’ est un travail…

J – C ’ est-à-dire

A – Un travail qui

J – C ’ est un travail difficile

M – C ’ est vous qui le faites héhéhé

A – Oui, c ’ est nous qui le faisons, le travail, c ’ est pour ça, on on vous renvoie…

M – Moi j ’ ai le mien, vous comprenez, j ’ ai le mien, c ’ est autre chose.

A – Oui. Oui. Mais le travail.

M – Je vous demande pas de faire (092913) le mien

A – Non, mais non !

M – Hein ?

A – On vous livrait simplement les réflexions qu ’ on avait eues ????

M – Oui enfin eh, je vous répète, c ’ est c ’ est un, ça devient tout de même énorme quoi.

J – Je pense qu ’ une euh effectivement, c ’ est énorme, c ’ est devenu considérable, c ’ est devenu extrêmement intéressant, ça lève énormément des ???? problèmes que vous soulevez, c ’ est intéressant, ça devient ça se raccroche maintenant à quelque chose de beaucoup plus lent…

M – Oui, mais mais, on arrive à des traits déformants. Pas. Régulièrement je vous dis ben non, je veux pas vous répondre là-dessus. Donc tout thème général c ’ est chaque fois qu ’ il y a quelque chose d ’ un peu personnellement, je me de, je me défile. Non, c ’ est pas que je me défile, c ’ est que j ’ ai pas l ’ intention de traiter ça. Oui, c ’ est pas, c ’ est pas mon projet à moi (102202) que de traiter ça. Alors. Donc c ’ est pour vous donner cet exemple, hein ?

A – En quoi, est-ce déformant ?

M - A si parce que la caractéristique principale c ’ est que chaque fois qu ’ on arrive à un sujet de caractère trop personnel, je je refuse. Ça, cela c ’ est une donnée constante.

A – Constante

M – Ben oui, parce que c ’ est pas, je je n ’ ai pas dit que je ne le ferai pas dans d ’ autres circonstances, mais c ’ est pas mon projet moi que de faire un film ou un livre sur mes états d ’ âme.

A – Non

M – Hein (sourire) donc je (105400), je le ferais peut-être mais autrement, puis je le ferais sous ma propre responsabilité.

A – Ce que vous venez de dire a été enregistré Monsieur le Président et ça marque bien les limites des entretiens.

M – Voilà, enfin j ’ ai pensé à tout ça avant de vous voir aujourd ’ hui

J – Mais je ne pense pas qu ’ on soit allé au-delà des limites…

M – Oui mais vous essayez tout le temps ! (111711)

A – Oui mais, c ’ est c ’ est la caractéristique…

M – Ah oui ! … Ecoutez mais je ne vous fait pas de reproche, mais je m ’ en ferai à moi si c ’ est des reproches. Si je me laissais conduire (113109). Je ne vous fais pas de reproches à vous, c ’ est votre métier, c ’ est votre goût. Mais je m ’ en ferais à moi si je faisais ce que je vous me demandez de faire. On parle des mois, on va parler de quoi ? Euh. Mes premiers rendez-vous, mes premières émotions, dans le quartier latin quand je me promenais et puis après, chi quoi ? Quoi encore ? C ’ est bien innocent ce que je viens de vous dire

A – Oui

Il rit

BARATIN DE JOUVE SUR SOUS ETIEZ D ’ ACCORD ? VOUS AVIEZ CONCU, etc…

M – Non, j ’ ai donné mon accord à quelque chose qui était dans mon esprit, j ’ espère qu ’ il n ’ y a pas eu malentendu, infiniment plus réduit que ce que l ’ on est en train de faire. Des conversations un peu plus personnalisées qu ’ on ne le fait d ’ habitude, d ’ accord. J ’ ai pas refusé, mais là, maintenant ça va loin. Si, si, si, si, si. J ’ ai bien vu le tournant que ça prenait, quoi.

A – Ça serait un tournant, où dès le premier entretien…

M – J ’ ai eu tort

A – On peut vous remontrer après

M – J ’ ai eu j ’ ai eu tort

A – C ’ était d ’ emblée inaudible dire non

M – Oui mais, je pensais pas que ça durerait.

A – Ah ça c ’ est un c ’ est un

M – Je croyais que vous alliez me poser des questions pour situer notre sujet, quoi, mais pas (131004) qu ’ on était en train de procéder à une sorte de document oui un document

A – Oui

M – Euh de nature qui finit par m ’ échapper

J – Pourquoi vous échapperait-elle ?

M – Si parce que, c ’ est la masse des documents que vous obtiendrez de cette façon, en supposant qu ’ on travaille encore pendant des mois là-dessus, de cette façon, compose peu à peu, un monument de papier qui est peut-être utile à l ’ Histoire (ICI ON A TOUCHE)

A – Oui franchement

J – Oui

M – Mais enfin, moi j ’ ai pas, moi j ’ ai pas décidé de vous confier mes archives (134920) …

A – C ’ est pas vos archives

J – C ’ est pas vos archives, non.

(Il gigote, il rit)

M – Qui sont d ’ ailleurs, en général, non non utilisables avant trente ans, les archives.

A – C ’ est pas des archives

J – C ’ est la pointe d ’ un d ’ un

A – Vous nous avez montré le d ’ un iceberg

J – La pointe

M – Non non… Si vous étiez archivistes et que c ’ était votre métier, je vous ferais tout à fait confiance, hein ? Mais c ’ est pas on parle pas de ça. Il y a des gens qui reçoivent tous mes papiers. Mais hein (sourire 142009)

A – Mais c ’ est pas tellement des papiers plus que la parole ???? que nous trouvons particulièrement intéressants. Parce que les archives en effet ça conserve uniquement vos papiers.

J – Je pense par exemple à notre dernier entretien qui était un petit peu un petit peu surprenant, finalement ça a levé quelques ambigüités, on a posé des questions qui étaient très importantes finalement, que peut-être les journalistes dans le cadre habituel…

M – C ’ était soupçonneux, un peu la la dernière fois, vous étiez soupçonneux en insistant quoi et quoi et quoi et quoi… Je vous ai répondu des choses tout à fait évidentes et banales. Des gens qui ont vécu, évidemment n ’ aiment pas beaucoup en parler.

J – Nous étions pas soupçonneux, on vous demandait

A – Soupçonneux ? On n ’ était pas soupçonneux.

J – On n ’ était pas soupçonneux.

M – ietun (GESTE DU MENTON POUR DIRE QUE OUI BEAUCOUP).

A – Tout simplement, aller là où vous ne vouliez pas aller Si ?

M – Pour l ’ instant je suis chef de l ’ état. J ’ ai beaucoup de choses à faire. Je suis plus conduit par l ’ action que par la réflexion sur moi-même. J ’ ai le temps, si Dieu me prête vie, j ’ aurai le temps de faire ça. Et un mélange actuellement de ces deux fonctions qui me gêne un peu.

J – Dans la mesure où nous avons je crois pu, où vous avez pu avoir une certaine confiance dans nous finalement, inaudible

M – Oui mais vous m ’ obligez à un travail, renouvelé et long, qui n ’ est pas inscrit dans mon programme

J – Mais c ’ est un petit peu au fond, le travail, au fond on vous a demandé beaucoup de choses, c ’ est un exercice difficile, et fatigant, on le conçoit difficile avec toutes vos responsabilités, mais au fond c ’ est un véritable travail, c ’ est avec un travail comme ça que nous pensons, que s ’ obtienne les inaudibles, tout à fait neutre au fond

M – Enfin, vous voyez qu ’ il faut que vous limitiez quand même votre effort, parce que moi je ne peux pas vous suivre sur tous ces terrains

J – Vous désirez un timing plus long, plus espacé

M – Non c ’ est pas l ’ espace qui compte, mais je le répète cet espèce de for formidable masse là qui va être accumulée, une sorte de monologue

J – Comment

M - Une sorte de monologue presque

A – Non, pas seulement, nous avions l ’ intention de vous voir en reportage ces derniers mois, mais cela n ’ a pas pu se réaliser parce que il y avait Anne gaillard qui y

M – Qui y était aussi, euh elle faisait autre chose, beaucoup plus factuel

A – Qui était quand même dans les avions, et votre service de presse ne voulait vous encombrer de deux équipes

M – Oui mais ça, on ne fera aucune difficulté pour que vous le fassiez, ce n ’ est pas ça que

A – Le monologue

M – C ’ est pas ça qui me gênera

J – On a rarement brisé une certaine glace peut-être, justement parce que nous ne sommes pas allés, dans des lieux où on était en dehors de l ’ institution, on a pas pu un petit peu, en dehors de inaudible

M – Oh quand même hein

A – Vous savez ce que je voulais préciser Mr le Président, ça constitue en effet une masse très importante, mais est-ce que vous pensez qu ’ un jour vous puissiez, si vous le souhaitez constituer cette masse importante, que ce projet vienne entièrement de vous, que cela vous viendrait à l ’ esprit

M – Pas du tout, je n suis pas là à, des problèmes de concurrence pas du tout, seulement tout d ’ un coup je me trouve affronté à un ouvrage, que je suis pas prêt, que je suis pas disposé et euh qui s ’ impose à moi comme ça, un petit peu parce que vous êtes sympathiques, vous savez ce que vous avez à faire ça m ’ est agréable de bavarder avec vous, mais finalement ça devient une sorte d ’ obligation morale pour moi qui, qui est extrêmement pesante

A – C ’ est peut-être ça qu ’ il faut essayer de briser, que ça ne devienne pas pour vous une obligation morale, parce que je trouve que cette masse de documents est extrêmement importante, d ’ autant plus intéressante qu ’ elle est importante et il faut peut-être essayer de trouver un moyen technique pour que ce ne soit pas, pour vous une obligation morale

M – Si, parce que je m ’ ennuie de gêner (?) votre travail, et en même temps vous m ’ en demandez trop quoi, inaudible contradiction

J – On vous en demande beaucoup parce que finalement

M – Enfin je vous en convaincrais pas mais enfin je tiens à vous dire que c ’ est, je ne veux pas …siner devant vous comme ça sur tous les sujets personnels ou de société qui se sont posés à moi au cours de quarante ans de vie publique c ’ est pas, ce sont des matériaux que l ’ on peut trouver ailleurs, qu ’ on peut rassembler, mais me demander de faire ça concentré sur quelques mois, sans préparation particulière,

A – C ’ est ce qui est intéressant

M – Oui c ’ est peut-être ce qui vous intéresse, mais moi je n ’ ai aucune raison de de livrer ça au fof ; je voudrais que vous compreniez ce que je vous dis,

A – Peut-être que l ’ on pourrait continuer à vous poser des questions

M – Oui mais enfin je, je souhaiterais les, limiter chaque sujet et pas tomber dans le rassusiner, dans moi, sur moi, mon cas, je n ’ aime pas ça je suis en plein dedans, c ’ est un paradoxe

A – La question que j ’ avais préparée, la première des questions que j ’ avais préparées, c ’ était qu ’ est-ce que vous souhaitez qu ’ on vous pose comme question ?

M – Ah moi je ne souhaite rien du tout

Bafouillage

M – Ne me donnez pas cette peine supplémentaire

- Non, ce n ’ était pas une peine supplémentaire, c ’ était la première question

M – Mais je n ’ ai pas de souhaits moi, j ’ ai pas de souhaits conduisez votre affaire, mais vous … . . souvent les limites 21 :46

J – Lorsque la semaine dernière nous vous avons demandé un exemple, vous avez répondu ya pas d ’ exemple

M – Un exemple de quoi

J – Sur une

M – Je me rappelle plus

J – est-ce que vous avez un exemple, vous avez dit je n ’ ai pas d ’ exemple, je ne veux pas parler de ça, on conçoit tout ça et si vous pensez, si vous pensez que l ’ on dépasse une certaine limite

M – Ecoutez, utilisez les vingt minutes qui nous restent, mais je vous ai prévenus hein

A – Lorsqu ’ une histoire comme celle du Boeing

M – Comment ça ?

A – L ’ histoire du Boeing aujourd ’ hui comme hier, qu ’ elle vienne interférer dans votre quotidienneté

M – Normal, c ’ est normal qu ’ un évènement qui intéresse mon pays je m ’ y consacre, pfeu tout n ’ est pas réglé comme du papier musique, des évènements surgissent sans prévenir c ’ est le cas, à tout moment d ’ ailleurs il n ’ y a pas de jours sans événements inattendus celui-là est particulièrement significatif

A – Et ce côté inattendu des événements est quelque chose qui dans votre fonction vous intéresse ou au contraire

M – Ça m ’ intéresse, oui, mais je ne veux pas réduire une affaire aussi grave, que cet enlèvement de 56 personnes dont la vie est en danger, puisse simplement servir de motif d ’ intérêt, cette masse d ’ événements compose mes journées, assurément c ’ est une responsabilité riche d ’ intérêt dans le sens j ’ y porte intérêt, mon attention se fixe, est retenue, sans ma réflexion s ’ enrichit et en même temps je dois constamment être en mesure de décider, c ’ est ma fonction, euh c ’ est pas pour moi des expériences.

Générique

REA : Ali MAGOUDI ; Pierre JOUVE

Mots clés

MITTERRAND François; FRANCE (off); PARIS (off); ELYSEE; INTERVIEW; OTAGE; HOMME POLITIQUE; POLITIQUE; PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

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